Pendant longtemps, l’appendicectomie a été considérée comme la solution quasi automatique face à une appendicite. Pourtant, les recherches menées depuis plus d’une décennie par une équipe finlandaise viennent bousculer cette pratique bien établie. Plus de la moitié des patients traités uniquement par antibiotiques n’ont présenté ni récidive ni nécessité d’opération dix ans après leur prise en charge.
Selon Sciences et Avenir, l’étude montre qu’après confirmation par échographie ou scanner qu’il s’agit bien d’une appendicite simple, sans complication ni perforation, un traitement antibiotique d’une semaine peut suffire à résoudre l’inflammation. Cette stratégie présente un avantage économique évident : elle réduit les coûts liés à l’hospitalisation et évite le passage au bloc opératoire, soulignent les chercheurs dans la revue médicale JAMA.
Sur la période de suivi de dix ans, les résultats restent nuancés mais encourageants. Le taux de récidive chez les patients initialement traités par antibiotiques s’élève à 37,8 %, tandis que 44,3 % ont finalement subi une appendicectomie au cours de la décennie. Malgré ce risque, le groupe ayant reçu des antibiotiques a présenté globalement moins de complications, sans différence notable de qualité de vie à long terme par rapport aux patients opérés dès le départ.
Parallèlement, la chirurgie elle-même a évolué. L’appendicectomie est aujourd’hui le plus souvent réalisée par cœlioscopie, une technique mini-invasive qui limite les douleurs post-opératoires et laisse une cicatrice discrète. Elle conserve toutefois un avantage majeur : son caractère définitif, qui écarte le risque d’une nouvelle crise.


